Le casting reconnu de Mercredi — Visages, parcours et fonctions

Page mise à jour le 5 octobre 2026.

Jenna Ortega porte la série, mais elle n'est pas seule à la rendre crédible. Autour d'elle, plusieurs acteurs et actrices déjà bien installés à Hollywood ou dans le cinéma indépendant donnent au casting de Mercredi une épaisseur qui dépasse celle d'une série pour adolescents classique. Cette page propose une lecture de leurs apports, plutôt qu'un simple catalogue de noms — chaque rôle est une décision, et chaque décision a un effet sur ce que la série dit d'elle-même.

Catherine Zeta-Jones — une matriarche de premier plan

Confier le rôle de Morticia Addams à Catherine Zeta-Jones n'est pas un choix neutre. L'actrice galloise, oscarisée pour Chicago, apporte au personnage une présence physique et un poids dramatique immédiats. Cela compte particulièrement dans une série où Morticia n'apparaît que par intermittence : le rôle ne pouvait pas se permettre une lente montée en intensité ; il fallait que chaque scène compte. Zeta-Jones offre exactement cela.

Au-delà de la performance, son nom signale au public adulte que la série n'est pas qu'un produit pour adolescents. Le geste de casting est aussi une stratégie de réception : il invite des spectateurs qui, sans cela, n'auraient peut-être pas regardé.

Luis Guzmán — un Gomez à contre-emploi

Luis Guzmán, acteur portoricain familier des films de Paul Thomas Anderson, Steven Soderbergh et de nombreuses séries américaines, hérite d'un rôle traditionnellement associé à des silhouettes plus longilignes (Raul Julia dans les films de 1991-1993, John Astin dans la sitcom de 1964). Cette rupture de gabarit, loin d'être un problème, est l'un des coups les plus malins du casting.

Guzmán apporte à Gomez une chaleur méditerranéenne, une expressivité comique frontale, et un vrai amour pour Morticia qui se passe d'effets. Le couple Addams retrouve exactement ce qu'il devait être chez Charles Addams (voir notre page sur Charles Addams) : visiblement heureux, sans ironie, ce qui est devenu rare dans la fiction contemporaine.

Christina Ricci — un passage de relais devenu intrigue

Le retour de Christina Ricci dans l'univers Addams est probablement l'événement de casting le plus chargé symboliquement. Wednesday Addams dans les films La Famille Addams (1991) et Les Valeurs de la Famille Addams (1993), elle incarnait pour toute une génération l'image définitive du personnage. Lui confier dans la série Netflix le rôle de Marilyn Thornhill, professeure de botanique, est doublement signifiant.

  • D'une part, c'est un passage de relais explicite entre l'ancienne Wednesday et la nouvelle. Le geste honore le matériau historique sans figer la nouvelle interprétation.
  • D'autre part, le rôle de Thornhill / Laurel Gates fait de Christina Ricci la cheville centrale de l'intrigue. Le clin d'œil n'est pas décoratif : il est utile au scénario.

Cette utilisation est exemplaire d'une bonne décision de casting. Le passé d'un acteur ne sert pas seulement à attirer le public ; il enrichit le rôle même.

Fred Armisen — l'oncle Fester décalé

Fred Armisen, ancien sociétaire de Saturday Night Live et co-créateur de la série satirique Portlandia, fait une apparition mémorable dans le rôle de l'oncle Fester. Le choix est cohérent à plusieurs niveaux : Armisen est un acteur de comédie capable de jouer sur des registres absurdes sans surjouer, ce qui correspond exactement à la manière dont la série traite les personnages excentriques de la famille.

Sa présence est d'abord ponctuelle (un épisode en saison 1), puis plus importante dans la saison 2, où l'oncle Fétide aide Mercredi à percer le secret de Willow Hill. Mieux vaut un acteur singulier sur quelques scènes qu'un comédien quelconque sur une présence prolongée.

Gwendoline Christie — la directrice qui pèse

Connue mondialement pour son rôle de Brienne dans Game of Thrones, Gwendoline Christie incarne Larissa Weems, la directrice de Nevermore Academy. Sa présence physique exceptionnelle, son port et son timing apportent au personnage une autorité immédiate, indispensable dans une série où la fonction de directrice doit pouvoir tenir tête à Wednesday.

Au-delà de l'autorité, Christie installe une mélancolie discrète : Weems n'est pas seulement une figure d'institution, c'est aussi une femme qui a un passé d'élève, une amitié contrariée avec Morticia, des ambitions qu'elle n'a pas toutes réalisées. Cette épaisseur fait de la disparition du personnage à la fin de la saison 1 l'un des moments les plus émouvants du récit.

Une logique de casting cohérente

Ces choix, pris ensemble, dessinent une stratégie. La série évite deux pièges symétriques : d'un côté, ne casting que des inconnus, ce qui aurait privé la production de poids dramatique ; de l'autre, charger la distribution de stars qui auraient écrasé l'identité du personnage principal. Le compromis est précis :

  • Une jeune actrice principale (Jenna Ortega) en pleine ascension, capable de porter un récit ;
  • Des seconds rôles tenus par des acteurs reconnus, mais pas écrasants, qui apportent de la densité sans monopoliser l'attention ;
  • Des apparitions courtes pour des figures à haute valeur symbolique (Christina Ricci, Fred Armisen), placées au bon moment du récit ;
  • Des comédiens dont le casting est en lui-même un message — sur la diversité, sur l'héritage, sur la continuité avec les versions précédentes.

La saison 2 prolonge la méthode

La saison 2 (2025) a appliqué la même logique : des noms reconnus dans des rôles nouveaux — Steve Buscemi en directeur de Nevermore, Joanna Lumley en grand-mère Frump, Billie Piper en professeure de musique, Thandiwe Newton en psychiatre — et des apparitions symboliques, comme Christopher Lloyd (l'oncle Fétide des films de 1991 et 1993) en professeur Orloff ou Lady Gaga en Rosaline Rotwood. La saison 3 poursuit avec Eva Green et Winona Ryder, deux habituées du cinéma de Tim Burton. Toute la liste : distribution complète.

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